الثلاثاء 12 ديسمبر 2017
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Jérico ou la voix des femmes colombiennes

Dans le cadre de la 11éme édition du Festival international du film de Femmes de Salé, les festivaliers ont eu rendez-vous avec la projection de “Jerico, el infinito vuelo de los dias”, un documentaire de la Colombie réalisée par Catalina Mesa.

 Délicieux, onirique et nostalgique, ce documentaire, qui frôle l’univers de la fiction, brosse le portrait intime et quasi-mythique de femmes de Jérico, un village de la région d’Antioquia, en Colombie.

Durant 78 min, la réalisatrice nous a transportés, comme par un tour de magie, dans un espace enchanteur et captivant, tant par son histoire, sa culture, sa beauté que par ses femmes qui dévoilent  au spectateur les secrets de leurs vies intimes, leurs histoires personnelles pétries d’amour, de tendresse, de foi, de réussite parfois, de luttes  pour survivre, de manque, de compassion  et de souffrances. Mais, elles restent “debout”, témoins d’un passé plein de bonheur et d’un présent vacillant entre les regrets et l’espérance.

Par ailleurs, les tours de magie n’en finissent pas, car le film nous a fait découvrir les multiples facettes du village de Jérico, décrit/filmé comme un lieu paradisiaque où le visiteur ne s’en lasse pas et se laisse emporter ou bercer par l’architecture de ses anciennes maisons multicolores, ses boutiques, ses cafés, son marché quotidien, son ancien hôtel à vendre…Comme si le village jaillit d’un roman de Gabriel Garcia Marquez, peut-être Cent ans de solitude. C’est un espace qui transcende la réalité, la réalité amère des Colombiens, un espace qui transcende aussi notre époque truffée de guerres, de sang, de servitude technologique, de haine…En d’autres termes, Jérico est un havre de paix au sein d’une nature fabuleuse.

Du film se dégage donc une ambiance sereine, multicolore, harmonieuse, mise en valeur  par une image qui émerveille et qui attise les sensations, grâce au choix de couleurs vives et grâce aussi à la fluidité du montage.

En outre, la musique joue un rôle important dans le film dans la mesure où elle assure plusieurs fonctions. D’abord, au-delà de sa fonction diégétique, elle permet au spectateur de s’imprégner de la culture colombienne. Ensuite, parfois, elle reflète les émotions de ces femmes qui s’accrochent à la vie tant bien que mal, quitte à coudre chaque jour; parfois, elle les accompagne dans leur déplacement.

Enfin, dans ce film, la musique constitue un moyen de mythification du village de Jérico et tout ce qui le représente.

De là, on peut dire que le documentaire de Catalina Mesa, qui a déjà fait sensation ailleurs et a obtenu plusieurs prix dans d’autres festivals, crée une symbiose entre l’espace, les choses et les êtres, de même qu’il établit une correspondance entre les couleurs, les parfums et les sensations fortes.

Certes, parfois, le film tombe dans l’exagération de l’embellissement qui conduit à dissimuler  le vrai visage de la réalité,  mais, il  s’avère que cet embellissement  dépasse le cadre d’un  refuge, pour devenir  un choix esthétique  .

 

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