السبت 21 أكتوبر 2017
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Suzy Gillett: Je voyage dans les festivals pour pouvoir retrouver ce moment de paix

Suzy Gillett  est producteur et professeur de Cinéma  britannique à London Film School. Elle était derrière plusieurs festivals de cinéma en Afrique. Anbaelyoum l’a rencontrée à Tanger et a eu cet entretien avec elle.

?Anabelyoum:  D’abord comment êtes-vous venue au cinéma et pourquoi  le cinéma 

 Suzy Gillett: En fait, j’ai passé mon enfance  à  regarder les films  en noir et blanc  à  la télé, passionnée de suivre tout le cinéma classique comme éducation.

 Pour ce qui est des études, j’ai eu une licence en cinéma ; puis je suis parti travailler à Paris faire la production de télévision et documentaire.

En parallèle, j’allais au cinéma tous les jours pour regarder entre 2 et 3 films ; 4 et 5 films pendent le weekend ;  avec les amis nous cochons les films à voir et on suit leur  parcours. C’était entre 1988 – 94 et le prix des billets était très bas. On a vu toutes les œuvres de Cassavettes, Satyajit Ray, Fassbinder, car à l’époque il n’y avait pas d’autres moyens de voir les films à part aller les voir physiquement dans les salles. Le VHS était à peine sur le marché.

Donc, on est peut- être la dernière génération d’avoir vu les films dans les salles de cinéma en masse. J’ai vu environ  20 films par semaine pendent 6 ans,  avec les amis cinéphiles. En même temps  j’y travaille ;  donc ma vie a été l’immersion totale du cinéma.

Pourquoi le cinéma? C’est l’art le plus important de nos temps, c’est nécessaire à  mon être.

 Anbaelyoum:  Pouvez-vous nous dire en quoi le cinéma britannique diffère des autres cinémas de l’Europe?

 S.G: Je ne regarde quasiment jamais le cinéma britannique, parce qu’il y a une grande influence de la télévision sur la  façon de faire les films British. Pour moi, il y a  un manque de vision cinématographique.

Il y a un autre problème, c’est que les bons cinéastes britanniques  partent  vite aux Etats- Unis. Il ne nous reste alors que peu de cinéastes qui ont la possibilité de travailler ici, par manque de fonds publiques aussi ; alors que le reste est dans le cinéma commercial.

La différence donc entre les films européens et les films britanniques réside dans  cette idée d’auteur.

 Nous sommes trop dans un marché d’Entertainment. C’est pour cela que  j’évite au maximum les films British.

 Anbaelyoum:  Vous voyagez beaucoup, pouvez-vous nous dire quelle place occupe le cinéma aujourd’hui dans le monde? Et quel avenir attend le cinéma sous une révolution numérique et technologique?

 S.G: Le cinéma aujourd’hui souffre du fait qu’on est un peu bombardé quotidiennement  par les choix : je suis abonnée  à  Netflix, avec un menu presque  infini ;  mais souvent je ne trouve rien à voir. D’autre part  c’est trop américain, des films bas de gamme, mais c’est un  problème de choix.

 Dans les cinémas en Angleterre,  on a un choix très limité de films en distribution : des films  américains, très orientés  vers l’Entertainment.

A Londres, on a des festivals toutes les semaines qui nous harcèlent  par  des  films projetés en une seule séance, puis  plus jamais. Je suis donc presque paralysée et je ne vais quasiment plus au cinéma.

Je voyage dans les festivals pour pouvoir retrouver ce moment de paix,  de me retrouver dans une salle avec des gens à regarder un film, de me sentir vivante. Mais cette possibilité de choix de 300 films par semaine dans les salles, et le temps de choisir quand on va les voir est fini.

Donc avec le digital finalement le choix est presque trop,  sans parler de YouTube, car on peut voir presque tout ce qu’on veut sur internet.

 Mais voir un film sur un petit écran ne me satisfait guerre ,  j’oublie vite ce qu’ai vu et je n’ai presque pas de trace  dans mon cerveau quelques jours plus tard . Alors que je peux me souvenir d’un film de Marguerite Duras  que j’ai vu dans St- Michel il y a 30 ans de cela.

Les festivals sont nécessaires,  mais je préfère l’idée que les films restent  un mois en salle, par ordre chronologique d’une œuvre d’un maître afin qu’on fasse notre programme de l’histoire du cinéma,  comme on peut aller voir dans les musées les tableaux en permanence.

 

 

 

 

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